Ma peur hurlera Jan09

Ma peur hurlera

Une pensée. Qui vient. Et revient. Et mon regard je détourne. Je focalise mon attention sur le beau. Au bout de dix fois elle me demande si elle peut s’exprimer avant de s’en aller. Et je lui dis d’accord, vas-y, tu en meurs d’envie. Et pendant qu’elle parle à travers mes lèvres Je ressens l’angoisse envahir ma plèvre. Je la regarde en colère : – Madame la Peur, je t’avais dit que je ne voulais plus de toi dans ma vie ! – Oui mais tu dois absolument m’écouter car j’ai des craintes très importantes à te donner ! Et elle me prend toute ma parole, tout mon corps, toute mon âme. Maintenant mon cœur est serré. J’ai envie de vomir la Dame. Et ça gangrène chacun de mes membres bandés. Ma vie défile sous mes yeux englués. Je lui demande d’arrêter de parler : – Regarde le beau, le merveilleux, le factuel ! L’instant présent ! Je suis avec ma petite sœur que j’aime, je discute plaisamment avec elle. Et toi tu arrives avec tes gros sabots de dentelle. Je ne veux plus entendre tes histoires et tes tourments. Tu ne m’as jamais aidée Le pire tu ne m’as jamais évité Madame la Peur, tu n’étais pas là Quand la brûlure de mon âme j’ai vécu ici bas. – Oui mais j’étais là quand… et tu vois j’avais raison parce que… – Tais-toi. Tais-toi parce que quand tu t’imprimes dans chacune de mes cellules, dans chacun de mes os Tu prends les commandes de mon âme, tu prends les commandes de mon corps en lambeaux. Tu es une envahisseuse, ma Peur Les attitudes tu as, pour attirer le malheur Tu pues la mort, ma Peur Les vautours se déploient sur toi et sur...

L’amour émane de l’intérieur Jan06

L’amour émane de l’intérieur...

A ce moment-là, ils m’aimaient. J’ai compris que tout ce que je recherchais depuis ma naissance provenait en fait de moi et non d’eux. Leur amour pour moi provenait de mon cœur. C’était ma réalité. C’était donc ma vérité. Ils m’aimaient.   Plutôt que de plier sous les croyances habituelles et dysfonctionnelles de mon mental – le rejet et l’abandon – mon âme venait de créer une croyance d’amour. J’étais en pleine conscience sur mon corps tourmenté par mes émotions, je l’observais, je l’accueillais, et je lui demandais ce qu’il voulait me dire depuis plusieurs heures. Mon cœur était tordu comme un shibari de nœuds coulants. Plus j’essayais de diriger mes pensées afin de m’échapper de la situation qui me causait cet étranglement, plus les cordes se resserraient. Je courais après leur amour depuis neuf ans. Alors que leur amour se cachait en mon cœur, et ne pouvait provenir que de lui. Créer une croyance d’amour était en fait aussi simple qu’une visualisation sautant de mon intérieur et prenant vie sous mes paupières fermées. Ils étaient debout et droits devant moi, me tenaient les deux mains, dessinant deux anneaux réunis et ouverts l’un à l’autre; et ils me disaient les yeux dans les yeux : « Je t’aime Rosalie ». Cela me paraissait maintenant si facile.   J’ai choisis d’y croire. Le revers de ma main a essuyé ma dernière larme de souffrance comme un soulagement intense, et ressentis mon cœur s’ouvrir abondamment, se dénouant et coulant chaud dans tout mon corps. Une grande joie et paix m’ont envahie. Avec ce sentiment de vivre ce qui était juste. Mon ventre a soudain crié famine. Je n’avais pas mangé depuis 48h. Envahie par mes émotions, mon corps avait fait grève pour la fin. J’ai ré-ouvert les yeux,...

Tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie Nov27

Tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie...

Hier je discutais avec une sophrologue également en 3e année de psychologie, et qui a une cinquantaine d’années. Elle me disait : « C’est super que tu fasses tout ce travail sur toi à ton âge, tu gagnes du temps, cela va tellement te servir. Moi j’ai du attendre de me dire que je n’en pouvais plus et que si je continuais dans cette voix, j’allais mourir. Donc bravo à toi ! » Et j’entends tellement cela, de la part d’amis principalement trentenaires, quarantenaires, cinquantenaires, qui font ce travail. Mais aussi de la part de tous les thérapeutes que j’ai choisis comme guide pour m’éduquer et m’élever dans l’école de « devenir qui je suis ». Ces encouragements me touchent en profondeur, ils sont du baume au cœur. Ils me confirment dans ce cheminement personnel, et je choisis d’y aller chaque matin de ma vie. Mais je ne mérite pas d’honneurs ou de médaille. Car moi aussi je me suis dit cela, que je n’en pouvais plus, et que si l’on continuait à me forcer dans cette voie j’allais mourir. Je dis « on » car j’avais 11 ans, et j’étais tributaire de mes parents et des mes professeurs.   Cette crise est juste venue plus tôt. Le point de départ était la souffrance. Et le développement personnel était la réponse que j’ai trouvée pour survivre, et quelques années plus tard pour choisir de vivre. Il y a eu entre temps plusieurs étapes et électrochocs. Je me suis promis à ce moment-là de ne jamais oublier ce que cela faisait d’être un enfant et d’être ainsi par définition privée d’autonomie. J’avais la sensation brûlante et criante de ne pouvoir diriger mon libre-arbitre comme je l’entendais, de me taper contre des murs. Je ressentais des émotions très fortes, et très violentes....

Du savoir et de la connaissance Sep22

Du savoir et de la connaissance...

J’aurai souhaité ne jamais devenir féministe mais ce jour-là je n’ai pas pu rester abstentionniste. J’avais quatorze ans, et mon premier amoureux venait de me quitter sans me tenir au courant – je l’ai su quelques jours plus tard par mon frère, qui l’a su par sa petite amie, qui l’a su par ses copains de lycée, qui l’ont su par mon amoureux. Il s’est défendu : « Les femmes je les respecte, mais toi tu n’en es pas une ». La violence de ces mots a ouvert une brêche, que la société, principalement masculine, n’a cessé par la suite de défoncer. Comme une entaille incisive : tu es inférieure, tu n’as pas le droit à la dignité, au respect, je t’excise symboliquement par la négation de ton être. Je décide que tu n’es pas une femme, et cette décision unilatérale me confère la jouissance de manquer de respect envers toi. Je lui ai répondu « Pourtant je suis une femme en puissance ». Une femme en devenir, avec cette petite graine en moi qui pousse et qui demande à s’épanouir. Quelques mois plus tard ses amis se sont moqués publiquement de moi, et mon âme s’est déchirée face à cette prise de pouvoir assumée. Et glorifiée. Devenant femme, j’ai par la suite vécu la puissance. Non pas celle de la maturité et de mon potentiel adulte. Mais celle de la pleine expansion de cette violence. Elle prend ses racines dans le quotidien, dans chaque regard qui me suit puis m’attaque, dans chaque proposition illégale et décomplexée de ces hommes plus âgés. Dans chaque tentative de crime intime de mon nouveau petit ami. Je suis devenue une femme et le sexisme à mon endroit a grandis de manière proportionnelle à ma maturité sexuelle. J’ai ouvert dans mes tiroirs...

Ma louve Mai26

Ma louve

« Ma petite Louve », je ne dirai jamais plus ces mots. Avec qui irai-je au parc canin maintenant, m’asseoir sur un tronc de bois et te regarder danser ? Avec qui irai-je faire des câlins aux arbres, sans ton regard bienveillant de petite Sauvageonne ? Avec qui irai-je courir, moi qui rêvais de te voir grandir ? J’ai passé des heures à discuter avec des inconnus pour te montrer que le monde est beau, et que tu ne devais pas être si craintive ma Doudou. À te féliciter car tu te laissais approcher par des étrangers. Dimanche tu as accepté de te laisser caresser le museau, j’étais si fière de toi ! Tu fêtais tes sept mois hier et hier tu es partie dans la nuit. On ne saura jamais pourquoi. Mais ce que je sais, c’est que ta nature sauvage m’a beaucoup appris. Tu m’as appris à écouter mon instinct et ce qui est bon pour moi. Tu étais si rigolote à courir après les moucherons alors que dix chiens voulaient bien jouer en ta compagnie. Les moucherons avaient à tes yeux bien plus de valeur pour toi. Petite Effrontée, petite Liberté. Mais surtout, tu m’as appris ce que voulait dire apprivoiser un être que l’on aime. Patience, douceur, félicitations et te parler, beaucoup te parler. T’accueillir, ouvrir mon cœur, et te laisser venir à moi. Attendre que tu fasses le premier pas si tu le désirais. Accepter si tu t’en allais. Parce que je t’aimais. Et que parfois j’aurai voulu que l’on m’aime ainsi. Ma petite Louve, ton « anima », ton souffle et ton esprit coulent maintenant dans mon sang. Tu es la reine de la meute, la Guerrière et la Protectrice. Puisses-tu me Protéger et Protéger ma petite sœur ta maîtresse et ta...