Mixité de l’avenir

Il y a neuf mois je croquais dans une belle pomme rouge en me disant que je voulais tellement vivre, juste avant que des barrières en tôle de chantier, de 2m de haut et 6m de long ne s’effondrent là où je venais de marcher, à trois pas de moi. J’avais continué à avancer malgré le bruit, et cela m’a épargnée, et j’ai compris ce message intense qu’à partir de ce moment, j’entendrai beaucoup de bruits et que je devrai continuer à avancer.

En état de stress intense, le cœur en tachycardie, je rejoignais Marie, une ostéopathe devenue amie. Après mon récit, elle m’a dit « Rosalie, j’adore travailler sur le cœur et les patients opérés du cœur, et j’ai écrit un mémoire de 300 pages sur un état de fréquence merveilleux : la cohérence cardiaque ».

Et à ce moment-là, mon cœur a fait le deuxième bond intense de la journée, qui ne m’a plus quitté depuis, et qui s’est ouvert à une nouvelle vie.
Le cœur dans toutes ses dimensions, et avec ses 40 000 neurones, est exactement ce qui manquait à ma philosophie de vie, et à mon concept que je commençais à peine à décider de construire suite à l’appel de mes élèves.

 

Le cœur au cœur du projet

Ce concept je l’appelais pourtant déjà love fitness, avec cette idée de mettre de l’amour et de la bienveillance dans le renforcement de son corps et de son esprit.

À partir du moment où j’ai choisis d’y mettre le cœur au cœur du projet, je l’ai appelé loovness’, avec deux « o », pour accentuer l’amour, et c’est comme les deux parties du cœur qui se connectent, comme le signe de l’infini, comme mon chiffre préféré et sa puissance, et comme le signe de la psychologie de Lacan, qui réunit le corps et l’esprit.
En français on entend aussi la « louve », animal totem que je chéris, qui accueille au sein de sa communauté ses petits, les petits des autres espèces, et le petit d’homme, différent, le petit Mowgli.
C’est une communauté mixte, une terre d’accueil, un cocon qui rassemble et renforce ses membres, pour les préparer à l’à-venir, à l’autonomie, et à leur réalisation.
La louve, c’est aussi mon bébé chien-loup, Viviane pleine de vie, la bonne fée dans les légendes arthuriennes, la fée des lacs. Sauvage, elle m’a appris ce qu’était l’amour : la patience, l’accueil, la mise en confiance, les félicitations, et surtout, la laisser venir à moi.

Et j’ai rencontré une femme qui s’appelait Lucinda, et qui pouvait s’appeler Joie, tant elle émettait de belles ondes autour d’elle. Lucinda veut dire Petite lumière, et en cette année 2015 de la Lumière, j’ai voulu alors nommer mon concept Lucinda. Car c’est de cela dont il s’agit, la séance permet de se reconnecter à son cœur, et à la petite lumière en soi, celle qui connaît le chemin de nos rêves.
Et je pense que si chacun écoutait sa lumière, allumait le feu en soi, et se réalisait, alors chacun serait à sa bonne place au bon moment, et le monde ainsi se renouvellerait.

Pour des raisons techniques et pragmatiques, Lucinda ne pouvait pas devenir le prénom du projet : noms de domaines déjà pris, multiples marques épuisées dans différents secteurs, et je souhaitais un nom unique, comme chacune des personnes de ma communauté. Un nom et une marque personnifiée, comme Lucinda, et cette bonne fée Viviane.
Et j’entends ma petite sœur me dire en parlant de notre bébé chien-loup « Je vais continuer à l’appeler Viviane, car c’est comme la Vie ».

Lucinda, loovinda, Loovida.

Et Loovida a pris vie.

 

Mon enfant intérieur

Il y a neuf mois, peu avant que mon cœur ne batte si fort, j’ai rencontré une voyante, qui s’appelait aussi Viviane, et qui m’a dit des choses extraordinaires.
La question de croire ou pas en la voyance ne se pose pas, il y a je pense des raisons qui peuvent s’expliquer de manière très scientifiques et rationnelles. Qui ne s’opposent d’ailleurs pas à la spiritualité laïque, indépendante de toute confession.
La spiritualité marchant aujourd’hui main dans la main avec la science et pour mon plus grand bonheur, pour moi la question est plutôt « Est-ce que ce qui m’a été dit résonne en moi ? Est-ce que j’y adhère? Est-ce que je choisis d’y aller? »

Et ce que j’observe, et ne peut que constater, est que depuis, j’ai rencontré toutes les personnes, tous les collaborateurs et tous les clients, qui me permettent aujourd’hui de rentrer ma clé Loovida, dans la serrure que m’a dessinée Viviane.

Et cela matche parfaitement.

Il y a neuf mois, grâce à Loovida, je me suis aussi beaucoup reconnectée à mon enfant intérieur, qui est mon plus grand guide.
La petite Rosalie a partagé tant de choses avec moi.
Sur son enfance, sur ce qu’elle aurait souhaité, aimé, et ce dont elle aurait eu besoin.
Loovida rassemble tout simplement tout ce dont j’ai eu jusqu’à aujourd’hui besoin pour grandir, m’élever, et guérir, et que je souhaite maintenant partager au plus grand nombre.
Mais j’aurai souhaité ne pas avoir tant de choses à guérir. Des blessures issues de circonstances qui paraissent pourtant évidentes à tout le monde, et si opaques, si illisibles pour moi. Je n’avais pas l’alphabet. Et je ne savais pas lire.
Et puisque Loovida s’adresse aux enfants intérieurs en chacun de nous, puisque j’impulse la mixité, alors pourquoi ne pas créer des séances parents-enfants, et puis pourquoi ne pas créer des séances enfants d’âges différents.

Les enfants et les ados ont besoin d’écouter leur cœur !

Et en parlant de différence, j’ai découvert la douance, puis l’autisme qui ont fait le grand-huit dans mon cœur.
Je comprends tellement ces personnes. Je comprends tellement ces enfants.

 

La naissance de Loovida

Maintenant je suis formée dans l’intégration de l’ABA dans une classe Montessori, c’est une méthode comportementale visant la communication, les gestions de comportement, et les stratégies d’enseignement.
J’ai proposé quelque chose à la directrice d’une nouvelle école Montessori, école pilote qui va mixer des enfants avec autisme, avec des enfants sans spécificité.

Et ce 24 décembre, tandis que dans la religion de mes parents, on fête la venue au monde d’un enfant lumière et philosophe, mon cœur est envahit de joie, parce qu’elle a dit OUI.

Loovida a bientôt neuf mois.
La gestation fut intense, sans repos, j’ai ouvert des classes Loovida auprès d’adultes, j’ai passé 80 heures de formation en trois mois le weekend, tout en gérant des nouveaux clients merveilleux, des nouvelles responsabilités à des nouveaux postes (Présidente de mon groupe d’entrepreneurs…).
J’ai aussi géré mes difficultés personnelles, familiales, et heureusement que le cœur et Loovida étaient là pour rééquilibrer les intensités dans les deux hauteurs.

Loovida a bientôt neuf mois.
Et quand les attentats du 13 novembre sont venus, je venais de recevoir trois heures plus tôt une lettre ouvrant enfin une information judiciaire; je venais en réponse à cette lettre, de réaffirmer trois heures plus tôt, mon désir d’aimer puissamment la vie.
L’amour en réponse à la haine.
La paix en réponse au chaos.
La joie en réponse à la tristesse.
Et encore une fois mon cœur a battu fort après le bruit, après la chute, car j’étais en formation yoga le lendemain, et ma formatrice nous parlait énormément du cœur. Encore une réponse.
Et quelques jours plus tard, une enfant avec autisme asperger, Zoéline, émouvait toute la France par son dessin dans le journal Le Monde : donner plein d’amour aux méchants pour qu’ils arrêtent de tuer. Toujours cette réponse.

Loovida a bientôt neuf mois.
A la rentrée, j’intègre l’équipe éducative de la nouvelle école Montessori Active, qui mixe enfants avec autisme, et enfants neurotypiques, et j’ouvre en son sein ma classe pilote Loovida enfance et mixité.
J’axe la recherche et le développement spécifiquement sur ce public.
Et je pourrai ensuite déployer mon programme dans toute la France.
Pour les enfants, pour les ados, pour les adultes.

Parce que les enfants, sont l’avenir du monde,
Parce que les ados croient encore en leurs rêves,
Parce que les adultes, sont ceux qui peuvent leur offrir un renforcement positif,
Je choisis de rêver, de mixer, d’accoucher, et de marcher ma parole.*

J’ai donné à ce bébé projet des pieds, des mains, des yeux, un cœur et une âme.
Maintenant je vais l’éduquer, le prendre par la main, et le faire grandir,
Sous mes yeux qui pétillent.

 

* traduction littérale de « walk your talk »

Photo : Michael Potyomin