Le monde attend de tes nouvelles

Cette nuit j’ai fait un rêve. Je faisais ma rentrée au lycée pour la cinquième année de suite. Distribution du planning, regards condescendants des professeurs, frayeur de tous ces cours au nom barbare à caser de force dans mon agenda d’entrepreneure. Comment allais-je faire ?
Dans mon rêve je quintuplais ma terminale parce que dans la réalité cette année-là, j’ai eu des problèmes de santé et je n‘ai jamais passé le bac.

En ce moment je vois passer beaucoup de panneau « blague » indiquant aux jeunes que Bill Gates a quitté Harvard et non la sixième de Cergy-Pontoise.
Ce tableau me heurte.

Pas moi Rosalie adulte, parce que aujourd’hui, je me suis formée pour avoir confiance en moi. J’ai appris ma valeur grâce à la rencontre de personnes bienveillantes qui m’ont fait confiance, donné ma chance. Et certaines aujourd’hui me proposent de m’aider à la hauteur de mes ambitions, me suivent et me supportent dans mes projets.

Mais ce tableau heurte la Rosalie enfant, qui se connecte à tous les ados de l’univers, et qui sont, ou ont été, en situation de détresse.

Alors je voudrai parler à ces jeunes :
La première chose très importante à savoir, c’est que tu es très important.

Ensuite, tu n’es pas l’école. Tu n’es pas cette note que l’on t’a attribuée sur une matière qui ne représente pas ta force ni ta beauté.
Tu n’es pas ce regard que te lance ton professeur méprisant. Ne lui en veux pas, il a lui aussi des problèmes « d’adulte » (ou d’enfant ?) qu’il n’a pas encore su résoudre. Son regard n’est que le reflet qu’il se porte à lui-même. S’il s’aimait, il te regarderait avec amour. Je pense qu’il est en colère, et triste.

Et toi aussi peut-être es-tu triste. Tu vas d’échecs en échecs, de violences en violences, ta propre colère te ronge et ta peine se transforme en haine. Maintenant elle est là bien présente, bien réelle, et tu rumines sur les actes qui pourront décharger cette colère sur autrui, comme une poubelle de déchets dont tu veux te débarrasser les yeux fermés à la javel.
Tu te sens prisonnier d’un système qui te dévalorise, appuie sur tes faiblesses comme s’il en retirait du plaisir. Mais ça c’est une faille. Ce n’est pas la vie.
On essaye de nous faire croire que la vie est dure, terrible, ingrate et sans espoir. « Chacun pour soi car on m’a déjà fait tant de mal ».
Je ne parle pas des guerres qui sont un contexte particulier, et dont je laisse la compétence à ceux qui l’ont pour en parler.

J’aimerai te montrer un autre point de vue, un autre filtre, d’autres lunettes.

Tu peux te créer une belle vie.
Parce que tu as un cœur.
Un corps.
Un esprit.
Tu as tout ce dont le monde a besoin pour réaliser de grandes choses.

Toi aussi tu peux changer le monde.
On n’a pas besoin de deux Bill Gates. Il est unique, tout comme toi, tu es unique.
Et chacun de vous deux possède sa propre richesse.

C’est vrai que le monde est dur, affreux, hardcore, triste.
Mais il est aussi puissant, merveilleux, intense, beau, éblouissant.
A toi de choisir avec quel monde tu veux vivre.

J’ai essayé les deux.
Dans celui hardcore j’ai trouvé une peine immense, des personnes malveillantes, des cris et des pleurs, et je me suis mise en danger de façon violente pour mon âme.
J’ai sursauté comme si on m’avait posé un défibrillateur sur le cœur, parce que j’allais mourir. Puis j’ai entendu cette petite lumière en mon cœur, et je l’ai suivie.
Après un long voyage, je suis arrivée dans le monde qui est beau, j’y ai trouvé de la joie, de la paix et du réconfort.

Tu préfères quel filtre ?
Moi je préfère le deuxième. Car c’est avec lui que je vis. Que je rêve. Que je réalise.
C’est avec lui que j’ai mis des palmiers pailletés dans mon cœur et de la joie dans ma voix/e.

Je n’ai pas finis ma scolarité à la sixième de Cergy.
Mais je connais des personnes merveilleuses qui ont terminé au collège, et qui ont de l’or dans les mains.
Une de ces personnes est la personne la plus importante de ma vie. Elle est d’une richesse infinie et m’apprends beaucoup de choses. J’ai besoin d’elle.

Toi aussi, tu es d’une richesse infinie pour quelqu’un, quelque part, dans le monde.
Alors, écoute ta petite flamme en toi qui s’éveille doucement. Éteins tes oreilles sur les âmes en peine qui souffrent et ne sont pas en capacité aujourd’hui de croire en ta puissance. Je me charge de leur envoyer de l’amour.

Concentre-toi sur toi, et la petite graine dans ton cœur qui ne demande qu’à pousser.
Entoure-toi d’une personne qui te veut du bien, au plus profond d’elle-même, qui sait t’écouter, qui sait t’élever.

Et fonce.
Marche.
Cours si tu veux.

Et juste avant, ferme les yeux et pose la main sur ton cœur. Et écoute.
Quelle belle personne es-tu en train de devenir ?
Inspire dans ta poitrine et dans ton ventre les images, mots, sensations qui te viennent, et expire-les pleinement en toi. De tes orteils à tes oreilles.
Prends-en soin.

Parce que le monde attend de tes nouvelles.